Pédérastie




L'homosexualité en russie : un phénomène ancien mais tabouisé!



Définitions officielles:

«
Педерастия
(греч. παιδεραστία, от παῖς – мальчик и ἐράω – люблю), в узком смысле — мужеложество с мальчиками, в более широком — мужской гомосексуализм.
Гомосексуализм (от гомо... и лат. sexus – пол), половое извращение, заключающееся в противоестественном влечении к лицам своего пола. Встречается у лиц обоего пола. В уголовном праве СССР, социалистических стран, а также некоторых буржуазных государств установлено наказание за Гомосексуализм.
Мужеложество, половое извращение, заключающееся в половых сношениях мужчины с мужчиной (обычно при гомосексуализме, реже – ситуационные). Советское уголовное право устанавливает уголовную ответственность за Мужеложество, которое относится к числу преступлений против личности (например, УК РСФСР, ст. 121). Наказывается лишением свободы на срок до 5 лет; при отягчающих вину обстоятельствах (например, вовлечение в Мужеложество несовершеннолетних) – на срок до 8 лет.» (La Grande Encyclopédie soviétique, 1978)

Extrait de Tchaïkovsky, de Vladimir Volkoff (Julliard et L'Âge d'Homme, coll. «Les Vivants», Paris et Lausanne, 1983):

Quelques jalons
.Avant la révolution d'octobre (1917): l'homosexualité n'est, dans les faits, que très peu réprimée, les peines prévues sont légères et les poursuites exceptionnelles.
.En avril 1934, à la suite de la découverte d'une prétendue conspiration fomentée par des homosexuels en 1933, une loi introduit de lourdes peines de prison, pour «lutter» contre l'homosexualité masculine. La paternité de cet article revient notamment à Iagoda et à Gorki. Le 15 septembre 1933, le premier écrivait à Staline pour demander qu'on légifère contre la pédérastie, dans l'«intérêt» de la sécurité nationale.
Gorki écrit (Pravda, 23 mai 1934): «Extirpez l’homosexualité et le fascisme disparaîtra.»
«Tradition étrangère à la classe ouvrière (...), vice d’aristocrate (...), perversion bourgeoise et occidentale (...), [l’homosexualité] ne saurait être défendue puisqu’il nous faut une position acceptable par les masses.»

.Le 27 octobre 1960, le code pénal intègre un article 121 relatif à l'homosexualité masculine. Il prévoit que «les relations sexuelles entre hommes sont punies de privation de liberté pour une durée de cinq ans au plus». Est également punie de 8 ans de prison «l'homosexualité masculine, lorsqu'elle est pratiquée en faisant usage de violence physique, de menaces, ou lorsqu'elle est pratiquée sur la personne d'un mineur, ou en profitant de la situation dépendante de la victime».
.En 1979, un groupe féministe publie une revue sur le lesbianisme. Les quatre rédactrices sont arrêtées et expulsées du pays.
.En 1993, Boris Eltsine abroge la plupart des dispositions pénalisant l'homosexualité masculine. Mais le délit d'agressions sexuelles sur une personne de même sexe est conservé et est étendu aux lesbiennes. L'article 132 du Code pénal dispose que «la sodomie, le lesbianisme commis avec violence ou menace à l'encontre de la victime ou d'autres personnes, ou commis en profitant de la vulnérabilité de la victime, sont punissables de trois à six ans de réclusion criminelle».
.Ce n'est qu'en 1999 que l'homosexualité a été retirée de la liste des «désordres mentaux» recensés par le ministère de la Santé. En 2002, des parlementaires proposent de modifier le Code pénal en vue d'ériger en infraction l'homosexualité masculine et féminine. Ce projet n'est finalement pas retenu, mais l'homosexualité fait encore l'objet d'un fort rejet social, et d'une condamnation sans appel des autorités religieuses.

Poster russe de 1918 : « La culture la plus forte fait la coopération forte »


Affiche antinazie de 1941 (Gorki avait écrit qu'éradiquer l'homosexualité, c'était éradiquer le fascisme...)


Ouvrages














Documentaire de Frédéric Mitterrand : Je suis la folle de Brejnev (2001)

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Militantisme


Le premier journal homosexuel, aujourd'hui disparu
Phénomène récent : les revues « gay »



Un numéro de la revue satirique Krokodil sur l'homosexualité


Extrait de la nouvelle de Ekaterina Moskovskaïa, Москва-68:
«Итак, мы ежедневно танцевали. Партнеров высокого класса для танцев было несколько, особенно выделялись Саша Любовный (обалденная фамилия, если учесть, это позже выяснилось, что он – педик), какой-то Павлик, фамилии не помню, Владик Чернов в красном пиджачке-казакине из сукна – шик того битловского времени, – вот мои постоянные кавалеры.»

Quelques (rares) films sur l'homosexualité :

Маленькие люди (2003)

Je t'aime, toi (Я люблю тебя) (2004) d'Olga Stolpovskaya et Dmitri Troitski: À Moscou, Timofeï, un publicitaire, tombe amoureux de Véra, présentatrice du journal télévisé qui adore manger. Mais un soir, en rentrant chez lui, il renverse un jeune Kalmouk, Uloomji, venu à Moscou travailler dans un zoo, dont la rencontre va l'amener à révéler son homosexualité. Le premier film russe à parler ouvertement de l'homosexualité.

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Un film qui entend révéler que l'officier français Georges d'Anthès, qui tua Pouchkine en duel, était homosexuel !
Пушкин: Последняя дуэль (2006)

L'histoire de la relation entre Eisenstein et Alexandrov
Далеко от Сансет-бульвара (2006)

Un célèbre (et rare) ouvrage russe sur l'histoire de l'homosexualité

Le célèbre ouvrage de Benjamin Mikhaïlovitch Tarnowsky (Вениамин Михайлович Тарновский), médecin vénérologue et sexologue russe né le 21 juillet 1837 à Koursk et mort le 18 mai 1906 à Paris (bien qu’aujourd'hui très oublié, il fut en son temps une sommité mondialement reconnue dans les domaines de la vénérologie et de la sexologie), Études anthropologiques et médico-légales sur la pédérastie en Europe (Berlin, 1898) qui, malgré son titre, est consacré essentiellement à l'étude de la pédérastie en Russie.

Un ouvrage récent sur la prophylaxie de l'homosexualité !

Quelques œuvres du célèbre photographe Karl Bulla, connu pour son intérêt pour le milieu homosexuel russe de la grande époque.

Quelques grandes figures homosexuelles :

Le peintre Konstantin Somov
Le légendaire danseur Nijinski

Le chorégraphe Serge Diaghilev
Le compositeur Piotr Tchaïkovsky
Le poète Serge Essenine (à droite) et son ami Anatoli Mariengof
L'écrivain Evgueni Kharitonov
L'écrivain Mikhaïl Kouzmine
Le cinéaste Serge Eisenstein
Le cinéaste Serge Paradjanov
Le danseur Rudolf Noureiev
Art
Kuz'ma Petrov-Vodkin (1878-1939): Boys playing, 1911


Pierre et Gilles: Le Petit Communiste Christophe, 1990

Humour




Des archives rares : annotations manuscrites de Staline sur des œuvres d'art très particulières ! Что такой худой Михал Иваныч? Работой занимаюсь. Ананизм - не работа. Марксизмом займись! Хехе!

Дурак!!! Совсем забыл что делать!

Самый сильный товарищ! Советский Давид готовится разделать мировой империализм. Поможем!!

Почти как в Турух! Готовит ложный побег. Их мало осталось. В воспоминаньи.

Рыжий паршивец Радек, Не сцал бы против ветра, не был бы злой, был бы живой.

Таких бездельников полно и у нас. Фило-сос!

Иди тимуровец учиться чем стенку ковырять!!!

Просто боится солнца? Он трус!!!

Могидкан траки!

Один задумчивый дурак хуже 10 врагов

Плеханов! Зачем зовешь назад? Трус и лишенец




Le travestissement en Russie

Évelyne Enderlein (université de Strasbourg)


Dans la culture populaire russe du XIXe siècle, l’usage du travestissement rituel était admis lors de toutes les transitions calendaires ou statutaires. Lors des mariages, il était ainsi possible de voir de jeunes hommes (encore non mariés) se travestir en femme pour procéder à des jeux parodiques à forte connotation sexuelle. Pas plus de nos jours qu’au XIXe s., la figure du travesti et le jeu des apparences ne sont-ils illégitimes et scandaleux: ils renvoient plutôt au registre du divertissement et de la comédie.

Le chevalier d'Éon



Louis-François de Bourbon, prince de Conti, responsable des services secrets de Louis XV, brigue la couronne de Pologne dont le détenteur Auguste III est très malade. Le roi approuve ce projet: la France disposerait ainsi d'un ami sûr à l'Est de l'Europe. Encore faut-il l'accord de la Russie. L'entreprise est délicate, car les deux pays sont en froid. La nouvelle tsarine Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand, suit aveuglément les avis de son conseiller Bestouchev, antifrançais. Conti songe à Éon. Charles-Geneviève d'Éon est donc promu agent secret de sa majesté. Il a vingt-sept ans et décidé à tout pour réussir. Il accomplit à merveille sa transformation et, au mois de juillet 1755, c'est une troublante jeune femme qui prend le chemin de Saint-Pétersbourg, sous le nom de Mlle Lia de Beaumont.






À peine arrivée à Saint-Pétersbourg, elle s'adresse au vice-chancelier Vorontsov, rival et ennemi de Bestouchev, et francophile, qui la fait introduire au Palais d'été, ainsi la lettre de Louis XV arrive sans problème entre les mains de sa destinataire. Élisabeth est charmée. Elle s'entiche rapidement de la délicate ambassadrice au point de faire d'elle pour un temps sa "lectrice". Sa mission achevée, Charles-Geneviève n'a plus qu'à regagner son pays et rendre compte. Le bilan de sa mission n'est qu'à moitié positif, car si Elisabeth a formulé le désir de renouveler avec la France des relations diplomatiques, elle refuse toutefois d'appuyer la candidature de Conti au trône de Pologne. Le prince de Conti confie d'autres missions à son agent. L'année suivante, l'Angleterre déclare la guerre à la France. Le chevalier d'Éon / Lia de Beaumont est envoyé(e) à nouveau en Russie pour convaincre la tsarine de rompre ses accords avec les Britanniques. Celle-ci, enchantée de retrouver sa chère lectrice, y consent sans difficulté, à la grande fureur de Bestouchev, qui proteste tant qu'il est envoyé en Sibérie. Éon demeurera à Saint-Pétersbourg jusqu'en 1760. Élisabeth fut désolée de se voir encore une fois séparée de celle qui devint son "amant", car entre-temps la tsarine avait découvert le subterfuge. Elle déploya vainement toutes les ressources de ses ruses féminines et de ses séductions impériales pour tâcher de le retenir, mais en vain. Éon était impatient de quitter la Russie, la rigueur du climat l'ayant profondément miné...