Juifs




Les Juifs de Russie, une histoire houleuse et douloureuse.
Antijudaïsme, pogroms, anti-antisémitisme, antisionisme et Birobidjan...



































Trotski











Churchill





L'antijudaïsme, dans le cadre de l'athéisme militant

L'antisionisme soviétique





























































Yidich:
די רעאלקײט פונ אונדזערע פּלענער׃ דאַס זײנענ מיר מיט איכ
"La réalité de nos plans: Nous sommes avec vous."



































Четвертая жена (1918)

Еврейское счастье (1925)

Его превосходительство (1927)

Мабул (1927)

Человек из местечка (1930)

Возвращение Нейтана Беккера (1932)

Граница (1935)

Искатели счастья (1936)





































Le Birobidjan



























Мандрівні зорі (1926)

Крізь сльози (1928)

















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Un cas délicat: l'antijudaïsme-antisémitisme de Dostoïevski




Extraits:
(...) et je sais qu'on va me crier à l'instant que tout cela ne prouve rien, que tout vient de ce que les Israélites sont eux-mêmes opprimés, eux-mêmes misérables, que tout cela n'est que "lutte pour l'existence", que seul un sot peut ne pas s'y reconnaître, et que si les Israélites n'étaient pas eux-mêmes si pauvres, si au contraire ils s'enrichissaient, ils se révéleraient en un clin d'oeil sous l'aspect le plus humain, si bien qu'ils feraient l'admiration du monde.

Et au lieu que son influence contribue à relever ce niveau d'instruction, à répandre davantage les connaissances, à éveiller des capacités économiques dans la population de souche, au lieu de cela, partout où s'est installé l'Israélite, il a encore avili et corrompu davantage le peuple, la qualité humaine s'est encore amoindrie, le niveau d'instruction a encore baissé et plus répugnante encore s'est répandue une misère sans issue, inhumaine, et avec elle le désespoir.

(...) et ce que réserve l'avenir, les Israélites, eux, le savent: c'est leur règne qui approche, leur règne total ! Voici venir le plein triomphe d'idées devant lesquelles succomberont les sentiments de charité humaine, la soif de vérité et de justice, les sentiments chrétiens, le sens national et jusqu'à la fierté nationale des peuples européens. Voici venir par contre le matérialisme, la soif aveugle et charnelle de sécurité matérielle personnelle, la soif d'accumuler par tous les moyens l'argent pour soi seul (...)

On croirait que ce n'est pas eux qui règnent en Europe, qui dirigent ne serait-ce que les Bourses, et partant la politique, les affaires intérieures, la morale des États.

Or, figurez-vous, quand j'ai lu cela, je me suis tout de suite rappelé qu'il y a cinq ans déjà c'est cela même qui m'était venu à l'esprit, à savoir précisément que les nègres étaient maintenant émancipés des planteurs esclavagistes, mais qu'ils les ont déjà pris en mains à leur manière, par le moyen bien connu de leur sempiternel négoce de l'or et en tirant profit de l'inexpérience et des vices de la race qu'ils exploitent.

(...) il faut bien qu'elle soit née de quelque chose, cette haine, elle a bien tout de même une signification, cette haine universelle, "cela signifie tout de même quelque chose, le : tous!" comme s'écriait un jour Biélinski (...)

Retire-toi d'entre les peuples et fais bande à part et sache que tu es désormais le seul peuple de Dieu, les autres extermine-les, ou réduis-les en esclavage, ou exploite-les. Crois en ta victoire sur le monde entier, crois que tout te sera soumis. Aie-les tous en sévère horreur et ne fraie avec aucun dans ta vie quotidienne. Et même quand tu seras dépouillé de ta terre, de ta personnalité politique, même quand tu seras dispersé par toute la surface de la terre et parmi tous les peuples, n'importe, crois à tout ce qui t'a été promis une fois pour toutes, aie foi que cela sera, en attendant continue de vivre, de mépriser, d'être uni et d'exploiter, et patience, patience (...)

Dostoïevski: «La question juive», Journal d'un écrivain, mars 1877














Quelques études:
Leonid Grossman: Confession d'un Juif. Suivi de Dostoïevski et le judaïsme, 1924, rééd. Phébus, Paris, 2001

David I. Goldstein: Dostoïevski et les Juifs, Gallimard, Paris, 1976


Jacques Rolland: Dostoïevski. La question de l'Autre, Verdier, Lagrasse, 1983
L'auteur dénonce l'«antisémitisme préhitlérien» de Dostoïevski.

Jean-Luc Évard: Signes et insignes de la catastrophe. De la swastika à la Shoah, éd. de l'éclat, Paris / Tel Aviv, 2005

Extraits:






Voir encore:
Fadieï Lovsky: Antisémitisme et mystère d'Israël, Albin Michel, Paris, 1955

On trouve çà et là des allusions aux positions antisémites de Dostoïevski, mais le plus souvent relativisées.

On lit ainsi, dans V. Ermilov: Fédor Dostoïevski, éd. en langues étrangères, Moscou, 1956:
«Les lecteurs soviétiques ne peuvent lire sans un serrement de cœur les tirades méprisantes de Dostoïevski contre les Polonais, les Allemands, les Américains, les Juifs! La honte que nous éprouvons devant cet aspect ténébreux de l'œuvre de l'écrivain russe est grande, et si quelque chose l'atténue, c'est notre compréhension de la profonde tragédie d'un artiste qui s'égara dans la nuit en cherchant le "salut de l'humanité".»