Mystère



La Russie ésotérique et occultiste

L'alchimie


L'astrologie

L'astrologue Yakov Brious



Une collection de caramels zodiacaux !











































Les mancies
















La divination par l'observation des passants


La divination par l'anneau

La divination par la cire


La divination par la poule

La divination par le soulier (présage de mariage)

La chiromancie



La cartomancie

Le livre des songes
Extrait de Lectures athées (n° 1, 1966)

Les prédictions

La franc-maçonnerie







Nikolaï Novikov





L'antimaçonnisme

Les Rose-Croix

Ivan Lopoukhine


La sorcellerie et la magie
колдун и ведьма








Les guérisseurs

Raspoutine


Djouna Davitachvili, guérisseuse de Brejnev

Propagande soviétique antiguérisseurs


Le spiritisme
Alexandre Aksakov


Le tarot
Le célèbre ouvrage de Vladimir Chmakov

Le Golden Tarot of the Tsar







Valentin Tomberg


L'occultisme
Papus en Russie


Une curieuse revue, qui faisait la propagande des idées orientales (yoga...), précurseur du New Age!

La parapsychologie

Le (para)psychologue Léonide Vassiliev

Kirlian et ses travaux sur l'aura

Le cosmisme, où comment vaincre la mort, une doctrine qui influença Dostoïevski, Soloviev, Tolstoï, Gorki...
N. F. Fedorov

A. Bogdanov


L'ufologie, une passion russe














L'énigme de la Toungouska



Une étrange ressemblance...


Le goût pour les monstres et les chimères

Littérature






Quand l'ésotérisme rencontre la politique

Les idées et les pratiques tirées de la magie et de l’occulte ont toujours fait partie de la vie russe. Au XVIe siècle, le tsar Ivan IV consultait des magiciens et était conscient de la signification occulte des pierres précieuses incrustées dans son sceptre. Son règne fut le point culminant du rêve de construire une civilisation prophétique, religieuse, dans la tradition chrétienne orientale de Byzance. Entouré d’ordres secrets de moines apocalyptiques, Ivan se voyait lui-même comme l’héritier des rois d’Israël et tenta de transformer la vie russe en accord avec sa vision magique de la réalité. Ivan était convaincu que la nation russe avait une mission spéciale à accomplir, rien de moins que la rédemption du monde.

En 1586, le tsar Boris Godounov offrit l’énorme salaire de 2000 livres anglaises par an, plus une maison et toutes les fournitures nécessaires, à John Dee, le mage et maître-espion anglais, pour qu’il entre à son service. Le fils de Dee, le Dr Arthur Dee, comme son père alchimiste et rosicrucien, se rendit à Moscou pour travailler comme physicien. Mikhaïl Romanov, le premier tsar de la dynastie Romanov, monta sur le trône paraît-il avec l’aide du Dr Arthur Dee et des services secrets britanniques. Avant leur arrivée au pouvoir, les Romanov furent accusés par leurs ennemis de pratiquer la magie et de posséder des pouvoirs occultes.

Le légendaire comte de Saint-Germain, décrit comme un alchimiste, un espion, un industriel, un diplomate et un rosicrucien, fut impliqué dans plusieurs intrigues politiques en Russie et fut, selon Nicolas Roerich, «un membre de la Fraternité himalayenne». En 1775, il voyagea à travers l’Eurasie pour étudier les enseignements occultes, et pourrait même avoir visité le Tibet.

«Les pouvoirs occultes semblent être une question de tempérament national ... La Russie tend à produire des mages ... des hommes ou des femmes qui impressionnent par leur autorité spirituelle; aucune autre nation ne possède l’équivalent spirituel de Tolstoï et Dostoïevski, ou même de Rozanov, Merejkovski, Soloviev, Fedorov, Berdiaev, Chestov. Certainement aucune autre nation n’a été sur le point de produire quelqu’un comme Madame Blavatsky, Grigori Raspoutine ou Georges Gurdjieff. Chacun est complètement unique.» (Colin Wilson, The Occult)

Le processus de synthèse des traditions occultes de l’Orient et de l’Occident apparaît dans l’œuvre de Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique (1875) et auteur du fameux livre La doctrine secrète. Née Helena von Hahn, fille d’une famille de militaires russes et cousine du futur Premier Ministre russe, le comte Witte, elle fut une véritable émissaire de l’idée eurasienne.

Madame Blavatsky voyagea à travers l’Asie et l’Europe, rejoignit la milice révolutionnaire nationale de Garibaldi, combattant à la bataille de Mentana, où elle fut sérieusement blessée. À la fin des années 1870, peu après la publication de son premier livre Isis dévoilée, dénonciation de la faillite spirituelle occidentale, elle passa des États-Unis en Inde où le siège de la Société théosophique se trouve encore aujourd’hui.

En 1891, le futur tsar Nicolas II, en compagnie du savant eurasien mystique, le prince Oukhtomsky, visita le siège de la Société théosophique à Adyar. La description de la Société par le prince Oukhtomsky est révélatrice:

«Sur l’insistance de H. P. Blavatsky, une dame russe qui connaissait et qui avait vu beaucoup de choses, l’idée surgit de la possibilité, et même de la nécessité de fonder une société de théosophistes, de chercheurs de la vérité au plus large sens du mot, dans le but de recruter des adeptes de toutes croyances et races, de pénétrer plus profondément dans les plus secrètes doctrines des religions orientales, d’attirer des Asiatiques dans une vraie communion spirituelle avec des étrangers instruits de l’Occident, de nouer des relations secrètes avec divers grands prêtres, ascètes, magiciens, etc.»

Madame Blavatsky voulait unir l’Asie Centrale, l’Inde, la Mongolie, le Tibet et la Chine, afin ... avec l’aide de la Russie ... de créer une grande puissance eurasienne pour s’opposer aux ambitions britanniques. Voyageant en Inde, Madame Blavatsky fit campagne contre la domination britannique et fut elle-même accusée par les autorités coloniales d’être une espionne russe. Le prince Oukhtomsky vit un soutien à l’Eurasie dans «l’empressement des Indiens à se grouper sous la bannière de l’étrange femme du Nord». Il pensait que Madame Blavatsky avait été contrainte de quitter l’Inde à cause de la «suspicion des Anglais».

Dès 1887, H. P. Blavatsky était devenue un sujet de débat dans le Saint-Pétersbourg mystique et reçut l’appui prestigieux de l’ami de Oukhtomsky, le mystérieux Tibétain ... le Dr Badmaïev, qui devait bientôt devenir célèbre pour les faveurs qu’il reçut à la Cour impériale russe et pour sa relation avec Raspoutine. (Voir chapitre Tibet.)

La sœur de madame Blavatsky affirma que le métropolite russe orthodoxe de Kiev avait reconnu le don psychique de la jeune Helena, et lui avait recommandé d’utiliser ses pouvoirs avec discrétion, car il était sûr qu’ils lui avaient été donnés pour quelque but plus élevé.

Le Dr Stephan A. Hoeller, spécialiste des religions comparées, précisait que H.P. Blavatsky

«... était une vraie fille de la Mère Russie. Certains sentent que sa vie et son caractère correspondent fortement à l’archétype du traditionnel saint homme russe errant, connu sous le nom de staretz (littéralement «le vieux»), qui est un ascète, un pèlerin errant, non clérical, qui voyage dans la campagne, exhortant les gens à se préoccuper de questions spirituelles, parfois d’une manière résolument non-orthodoxe.»

Après sa mort, la Société théosophique va passer sous influence britannique et c'est un autre «mage», Papus, qui va preprendre le flambeau d'un ordre occulte international dans lequel l’Empire russe jouerait un rôle dirigeant en tant que pont entre l’Orient et l’Occident.

Papus était le pseudonyme du Dr Gérard Encausse (1865-1916), et l’un des occultistes les plus célèbres du tournant du siècle. Il fut le fondateur de l’École hermétique à Paris, qui attira de nombreux étudiants russes.

Quand le tsar et la tsarine russes visitèrent la France en 1896, ce fut Papus qui leur envoya un salut de la part des «spiritualistes français», espérant que le tsar «immortaliserait son empire par son union totale avec la divine providence». Ce salut était une réminiscence des espoirs des mystiques au temps de la Sainte Alliance du tsar Alexandre Ier.

Papus fit sa première visite en Russie en 1901 et fut introduit auprès du tsar. Il installa rapidement une loge de son ordre martiniste à Saint-Pétersbourg avec le tsar comme président des «Supérieurs inconnus» qui le contrôlaient. L’historien James Webb dit que Papus «faisait simplement revivre une dévotion envers une philosophie qui avait fleuri en Russie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles avant d’être étouffée.»

Par Papus, la famille impériale fit la connaissance de son ami et mentor spirituel maître Philippe. Sincère mystique chrétien, il reçut un rang et des honneurs de la part du tsar russe, et maintint le contact avec la cour impériale jusqu’à sa mort en 1905.

Papus retourna à Saint-Pétersbourg en 1905, où la rumeur disait qu’en présence du couple impérial, il évoquait l’esprit du père du tsar, Alexandre III, qui donnait des conseils pratiques pour résoudre la crise politique.

Maître Philippe et Papus jouèrent tous deux un important rôle politique à la cour impériale. Ils ne conseillèrent pas seulement le tsar pour les affaires de l’État mais maintinrent le contact avec des initiés russes influents de l’ordre martiniste, incluant deux oncles et de nombreux parents du tsar. Avocat déterminé de l’alliance entre la France et la Russie, Papus avertit le tsar d’une conspiration internationale visant à la domination mondiale.

Il pensait que le vaste empire russe était la seule puissance capable de contrecarrer la conspiration des «frères de l’ombre». Il pressa aussi le tsar à se préparer à la prochaine guerre contre l’Allemagne, alors machinée par des forces sinistres à Berlin. Selon un récit, il promit à la famille impériale que la monarchie des Romanov serait protégée aussi longtemps que lui, Papus, serait en vie. Quand la nouvelle de sa mort atteignit la tsarine Alexandra en 1916, elle envoya une note à son mari (commandant à l’époque les armées russes sur le front, pendant la Première Guerre mondiale), contenant ces mots: «Papus est mort, nous sommes condamnés!»

Papus développa son ordre martiniste pour contrer les loges maçonniques qui, pensait-il, étaient au service de l’impérialisme britannique et de la finance internationale. D’après ses papiers, on sait qu’il fournit aux autorités russes de la documentation sur les activités maçonniques en Russie et en Europe. Peu après son retour après sa première visite en Russie en 1901, une série d’articles, dont Papus était largement l’inspirateur, parut dans la presse française. Ils mettaient en garde contre une «conspiration cachée» dont l’existence était totalement inconnue du public, et contre les machinations d’un sinistre syndicat financier essayant de rompre l’alliance franco-russe.

Les articles inspirés par Papus dans L’Écho de Paris révélaient le rôle des services secrets britanniques, qui étaient dénoncés comme étant derrière la franc-maçonnerie britannique, pour isoler et affaiblir la Russie. En France, les agents britanniques se concentraient sur la propagande antirusse, pendant qu’en Russie ils utilisaient la «fraude financière» pour infiltrer tous les niveaux de la société. Tous les efforts étaient requis «pour préserver l’empereur russe ... si loyal et si généreux ... des maux [du] syndicat des financiers ... qui à présent contrôle les destinées de l’Europe et du monde.»

Quelques œuvres à thèmes ésotériques
Guerre et paix, de Tolstoï, qui évoque la franc-maçonnerie avec l'initiation de Pierre Bezoukhov.


L'ange de feu, de Valéri Brioussov, où il est question de l’alchimiste Agrippa, d’astrologie, de goétie, de nécromancie et de sabbat.

La dame de Pique, de Pouchkine, qui figure le comte de Saint-Germain.

Le grand Rose-Croix, de Vsevolod Soloviev, frère du philosophe Vladimir Soloviev, dont le héros, le comte Phénix, n'est autre que Cagliostro.
Les mages


Quelques grandes figures russes ésotérisantes
Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Théosophie


Une critique par un ancien adepte, Vsevolod Soloviev

Un compositeur inspiré par les idées théosophiques, Scriabine

Georges Ivanovitch Gurdjieff


Rares archives

Piotr Ouspenski


Boris Mouravieff

Nicolas Roerich





Créatures légendaires et mythiques

Baba-Yaga, la sorcière ogresse








Inspiration cinématographique: Baba Yaga (1973)


Le terrifiant Kochtcheï l'Immortel






Кащей Бессмертный (1944)

Le buka, qui terrorise les enfants

Le jar-tsvet, la fleur ardente qui ressuscite les morts

Le jar-ptitsa, ou oiseau de feu
















L'alkonost

Le sirin et l'alkonost


Le tchoudo-ioudo, monstre fabuleux

Le tchoudo-ioudo ryba-kit, monstre marin



Les sirènes

L'oupyr, ou vampire


Les vampires (1915)

Le viï, terrifiant monstre popularisé par Gogol


Deux bandes-annonces de films sur le viï, 1967 (premier film soviétique d'épouvante!) et 2013 (coproduction américano-russe):


Le volko(d)lak, ou lycanthrope

Le vourdalak, mi-loup-garou mi-vampire
Ce mot, qu’on trouve dans Pouchkine (et dans la nouvelle d’Alekseï Tolstoï écrite directement en français), n’est pas un mot russe. Il appartient au folklore des Slaves du Sud et n’est dans Pouchkine que la transcription d’un terme qui vient de Mérimée, que Pouchkine traduisit.


Deux surprenants contes au thème archaïque































La ville souterraine invisible de Kitège, royaume de la Justice (thème d’un opéra de Belsky mis en musique par Rimsky-Korsakov)

Esprits du folklore
L'ambarnik, esprit des granges

Le bannik, génie des bains

La bereginia, protectrice des rivages

La bolotnitsa, esprit des marais

Le domovoï, génie des maisons





Le dvorovoï et la dvorovaïa, génies des cours de ferme


Le goumennik, esprit des aires à battre

La kikimora, esprit cauchemardesque



Le lechiï, ou sylvain




L'omutnik, esprit des trous de rivière

L'ovinnik, esprit des bergeries

Le polevik, esprit des champs

Le rigatchnik, esprit des granges à blé

La rousalka, ou ondine



Le vodianoï, esprit des eaux



Le faune

Les elfes